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Hommage à l’illustre Diadié Soumaré de Soninkara, le baobab !

La mort ne previent pas. Un lundi matin 23 juin 2019, la triste nouvelle s’est tombée à Paris, qui quelques minutes dépasse les frontières et aperçue comme un nuage dans sa région natale, Kayes. Il s’agit bel et bien la disparition de cet illustre homme qualifié dans plusieurs messages et commentaires sur les réseaux sociaux, j’en cite quelques uns “le baobab est tombé”, “notre icône nationale n’est plus”, “le grand président de l’APS est décédé”, “il nous a laissé orphelin”, etc. Oui, cette fois-ci la triste nouvelle n’est pas fausse, ce n’est pas de la rumeur annoncée par des internautés la semaine avant sa disparution.
A l’état civil Diadié Soumaré, originaire du village Souéna (Soyina) situé à environ 120 km de la ville Kayesienne, est né en 1945 au moment où le monde s’effondrait dans la seconde guerre mondiale. Il est issu d’une famille soninké maraboutique. Alors, en tant que Soninké, l’illustre Diadié n’a pas échappé au destin de la culture qu’est l’immigration “tuŋa”.
Les Soninkés, une communauté vivant en Afrique de l’Ouest fut le fondateur du premier grand empire ouest africain, le Ghana (Wagadu). Ce peuple, serait originaire de l’Egypte plus précisement de l’Assouan qui donnerait le nom “Sooninke” composé de “Sooni” et le suffixe “-nke” (originaire de…). C’est un peuple voyageur, grand cultivateur et commerçant d’où aujourd’hui on le trouve dans presque tous les contients du monde. C’est pourquoi, notre baobab âgé de 18 ans, le 24 décembre 1962 mettra son pied sur le sol Parisien à la recherche d’une meilleure vie. A Paris, il travaille comme ouvrier agricole et ouvrier fondeur à la Courneuve. Malgré ce dur travail, notre icône conscient que l’épanouissement et le développement se passeront par la voie scolaire, il va courageusement suivre des cours du soir pendant 18 ans pour décrocher le Certificat d’Etude. Après cela, il poursuivra les études pour décrcocher le diplôme supérieur de comptabilité, fini expert comptable, disait-il sur la chaine TV5 Monde le 26 mai passé.
Cet illustre homme du grand coeur, très humble, s’engage dans la vie politique en militant dans le grand parti malien l’ADEMA au moment de l’avenement de la Démocratie au Mali. De 1997 à 2008, il occupe la présidence du Haut Conseil des Maliens de France. Il occupe aussi la tête du Groupe de Recherche et de la Réalisation pour le Développement Rural (GRDR). Il fut membre fondateur du Conseil des Sages des Maliens de France. Ces hautes fonctions renforçent sa formation en français et en informatique. Le baobab, soucieux du développement de son pays, le Mali, il s’engage aussi dans la vie associative d’où il devient sécrétaire général de l’Association Gidimaxa Jikke. Il poursuit ce combat avec le Centre d’Enseignement de Soninké à Paris. C’est ainsi qu’en 1979 notre illustre homme et ses parents Soninkés décident de créer l’Association pour la Promotion de la langue et la culture Soninké (APS) pour défendre la langue, la culture et les valeurs sociétales de la communauté soninké. Le lendemain de la création, il devient président de la dite association jusqu’à ce lundi 23 juin 2019.
Ses expériences, son attachement à sa patrie et son humanisme lui poussent à défendre corps et âmes les causes des Maliens vivants en France mais aussi d’autres immigrés africains. Il apporte son soutien faille aux sans-papiers et des Sans Domicile Fixe (SDF). La Fondation Abbé Pierre en partenariat avec la région de Kayes, ils participent à la construction des logements sociaux dans la première région du Mali. De plus, l’illustre Soumaré mobilise plusieurs projets humains et sociaux entre la France et le Mali.
Au niveau de la vie associative il s’est entierement engagé jusqu’à ce que la mort lui arrache à la communauté soninké et le monde entier. En 2011 sous sa présidence le monde Soninkara assiste à un grand rassemblement des Soninkés venus du monde entier à travers l’organisation d’un Festival International des Soninkés (FISO). Kayes abrite les deux premières éditions en 2011 et en 2012. Ces deux éditions ont été bourées de succès enormes, elles ont réunis tous les Soninkés pour parler de la langue, magnifier la culture et l’histoire de ce grand peuple soninké qui vit aujourd’hui au Mali, Sénégal, en Gambie, Mauritanie, avec une importante majorité de la diaspora vivant en France. L’illustre Diadié en tête de ce grand festival accompagné de ses frères et soeurs décident d’organiser le festival chaque deux ans, c’est pourquoi en 2014, la Mauritanie organise la troisième édition. Cette édition a crée un grand exploit pour la population soninké de ce pays mais aussi la population mauritanienne de façon générale. Elle a mobilisé la participation sans faille du président mauritanien. En 2016, Bamako, l’unique grande ville soninké abrite la quatrième édition dont le règreté, un autre illustre du Soninkara feu Mahamadou Hamé Cissé dirigé la présidence de la section FISO au Mali, et président fondateur de l’Association Culturelle Soninké (ACS). Cette édition comme les autres ont mobilisé toutes les communautés soninkés de l’Afrique, l’Asie, l’Europe, et partout ailleurs. Notre illustre Diadié participe à son dernier festival en fèvrier 2018, la cinquième édition organisée par l’association Wagadu Jidda à Dakar, Sénégal. Cette édition a été placé sous le haut patronnage de son Excellence président Macky Sall. Elle a vu la présence de presque toutes les grandes personnalités maliennes, l’ancien président de la transition, professeur Dioncounda Traoré, la ministre malienne de la culture, Ramtoullaye N’diaye, le chef de fil de l’opposition, Soumaïla Cissé, des députés du Mali et du Sénégal, et des personnalités coutumières des pays présents ensemble pour faire revivre un passé presque oublié dans les buissons des histoires du monde de façon générale et en particulier celles des pays où vivent ce peuple migrateur. En présence de plus de dix mille festivaliers, le président Macky Sall s’exprime en langue soninké “ n maarenmu Sooninko, xa nawaari…” (mes parents Soninké, merci!) dans ce stade d’Iba Bar Diop de la Médina devant ce beau public dont la plupart des délégations habillées en tenues traditionnelles. Ce jour-là, l’illustre président disparu dans son discours, il fait savoir que cette journée coïncide avec la journée internationale de la langue maternelle dont selon l’UNESCO, sur six mille langues vivantes dans le monde, presque trois mille langues sont en voie de disparution, la menace continue, à cette vitesse, d’une génération à une autre, la moitié de notre patrimoine culturel aura disparu. Alors, selon lui pour éviter la langue soninké à ce fléau, il est important que les conférences, les ateliers de langue se penchent sur cette problèmatique de la globalisation, mondialisation et culturelle. Il finit par lancer un appel à la République du Sénégal de penser à la valorisation et la sauvegarde de toutes les langues maternelles du pays. Ce discours réjoint à ses propos du 26 mai de l’année 2019 sur la chaine TV5 Monde dont il disait “selon l’UNESCO, chaque jour il y a des dizaines de langues qui disparaissent parmi les six mille langues du monde. S’engager avec UNESCO, les autorités françaises pour introduire l’enseignement du soninké au baccalauréat comme la troisième langue. Les Soninkés sont dans 6 Etats d’Afrique…notre langue, notre culture, c’est notre priorité…ça n’empêche pas d’apprendre le français et d’autres langues.”
Notre illustre Diadié s’en est allé avec le coeur plein des projets comme la mise en place d’une académie pour la langue soninké en Gambie, la fondation Mama Diŋa à Bamako, et la construction d’un Centre Culturel Wagadu à Paris.


Le dernier samedi du mois de juin, des personnalités venues partout de la France, des Etats Unies d’Amérique et d’Afrique se sont mobilisés pour faire une grande prière sur l’âme de l’illustre disparu. Le lendemain, dans l’après midi, le corps arrivé à Bamako a été escorté par les voitures de la République malienne. Chez son frère professeur Mamadou Khalifa Soumaré à Titibougou, le Ministre des Maliens de l’Extérieur, l’Ambassadeur de France et en présence d’autres personnalités, le Ministre procède à la cérémonie officielle. Des témoignages comme celui du Ministre, Amadou Koïta, disait : “la mort de Monsieur Diadié Soumaré est une grande perte pour les Maliens de l’Extérieur comme pour les Maliens de l’intérieur, et pour la communauté soninké à cause de sa grande personnalité, de sa noblesse, de sa sincérité, son aimabilité, de sa disponibilité, de son altruisme, et de son esprit de solidarité exceptionnelle à l’égard de son prochain.” Et tant d’autres témoignages de la France, en passant par Bamako, Kayes et son village natal, touchent profondement le coeur, et montre la grandeur de l’homme qu’il a laissé orphelin sa communauté.
L’illustre Diadié, Chevalier de l’ordre national en 2011, il est décoré à titre posthume Officier de l’ordre national grâce à ses hautes actions pour le Mali et sa communauté soninké. Avec ces titres honorofiques, l’illustre Diadié honore toute la communauté soninké du Mali et ailleurs. Le lundi 1er juillet aux environs de 14h devant plusieurs délégations, le Ministre des Maliens de l’Extérieur et tant d’autres personnalités arrivent à Soyina pour inhumer le corps de l’illustre Diadié. Le corps fut transporté par l’hélicoptère du gouvernement malien de Bamako à l’aéroport DAG-DAG de Kayes. En ce lieu, des témoignages encore sur les bienfaits de ce grand rassembleur, de cet homme d’une bonté exceptionnelle, ont une fois étaient exprimés.
L’illustre Diadié, la référence, le symbole, nous quitte juste après avoir fêter le 40ème anniversaire de l’APS. Un anniversaire qui a réuni plusieurs réprésentants venant du Mali, Sénégal, la Mauritanie, la Gambie… D’ailleurs, il invite la structure dans laquelle je travaille, et cette dernière décide de m’envoyer pour leur réprésenter à Paris. Cela fut mon premier voyage sur le sol Parisien. Cet illustre, ce baobab mondial qui nous quitte, son arbre n’a pas été inutile car les feuilles qu’il a dû former continueront le combat qu’il menait. Dors en paix notre illustre Diadié Soumaré! Demain, et après demain, on parlera de toi!

Bandiougou S. DRAME, correspondant de Kayesinfos à Bamako

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