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Nioro du Sahel : La chaleur, maître absolu des lieux.

La chaleur devient de plus en plus insupportable ces derniers jours à Nioro ville et dans les villages environnants.
Depuis un certain nombre de jours les populations de Nioro du Sahel et environs vivent dans une véritable chaudière, une canicule sans égale. Le soleil bat son plein et le mercure monte jusqu’à 48 degré à l’ombre selon les spécialistes. Partout la chaleur se fait sentir, partout on en parle. Dans des boutiques, les bougies et les huiles fondent.
Un vent chaud, sec et brulant souffle. Le soleil semble être fâché. Les feuilles des arbres restent figées. Partout des cris d’enfants, des lamentations et des signes de découragement. Chacun maudit la violente chaleur.
À part les propriétaires de climatiseurs, personne n’a le droit de faire deux minutes dans une chambre au-delà de midi. À cela, il faut ajouter le carême qui devient cette année le parcourt du combattant.
Ici, il faut être un vrai croyant et aussi quelqu’un en très bonne santé pour le faire. Depuis le petit matin l’on commence à transpirer jusqu’au soir. Cela se solde par la déshydratation de beaucoup de personnes qui tombent malades après la rupture du carême.
À partir de onze heures, les rues se vident de gens. Les activités tournent au ralenti. Chacun cherche un coin pour se sauver du vent chaud qui souffle et des rayons impitoyables du soleil, qui on dirait, sont venus pour punir les crimes sur la terre.
Chacun se crée un petit moyen pour se mettre à l’abri.
Au marché des commerçants sont obligés de se rafraichir avec des torchons imbibés d’eau ; dans les familles : enfants, jeunes et adultes passent toute la journée à se désaltérer avec de l’eau glacée.
Aujourd’hui le seul produit qui marche et qui fait l’objet de convoitise est la glace. Elle se vend à 100F le morceau ou à 150f voir 200f hors de la ville. La vente de glace est aussi devenue une activité lucrative par les conducteurs d’engins à trois roues appelés Katakatani qu’on rencontre partout : devant le camp militaire, devant les services et devant les domiciles privés à la recherche de ce bien précieux vendu en certaines localités à 300f l’unité.
Il fait excessivement chaud. Les gens souffrent surtout les enfants et les personnes âgées. Même les animaux ont chaud. Chacun limite au tant que possible ses déplacements. Les autorités scolaires, sachant que les enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables aux effets de la canicule, ont été obligées de réaménager les horaires des classes.  Désormais les cours de l’après-midi commencent à 16 heures au lieu de 15 heures pour prendre fin à dix-huit heures au lieu de seize heures.
La température caniculaire accentue évidemment la pression sur l’eau.  Les femmes auxquelles la corvée d’eau revient sont obligées de se lever très tôt le matin. D’autres se déplacent de village en village avec des charrettes à la recherche du plus que précieux liquide. Partout, l’on s’agglutine autour des points d’eau. Les disputes sont fréquentes. Elles peuvent même aller jusqu’à l’affrontement physique. Dans la ville de Nioro, la situation est moins  dure. Le problème de l’eau et de l’électricité aujourd’hui réglé grâce à de nouvelles installations.  Mais dans les autres localités du cercle, la bataille pour l’eau fait rage. Les points d’eau (forages et puits) sont pris d’assaut par des centaines de femmes du lever au coucher du soleil. Les animaux ne sont pas en reste. Eux aussi ont chaud et soif. Ils passent les journées à roder autour des points d’eau entre les humains pour étancher leur soif. Sur les antennes des radios locales, des messages de sensibilisation invitent les parents à surveiller de près les enfants et à leur donner constamment à boire. La même précaution vaut pour les personnes âgées.  Mais que l’on soit adulte ou enfant, il est conseillé de boire un minimum de 1,5 litre d’eau par jour.  Un autre message invite tous à dormir hors des maisons.
Dans le marché, on voit toute sorte de pratiques. Certains utilisent des bidons troués contenant de l’eau fraiche attachés par-dessus les têtes, d’autres des mouchoirs mouillés sur les têtes ou utilisent des bassines d’eau pour y mettre les deux pieds. Beaucoup préfèrent s’assoir sur le sable constamment mouillé. De l’infirmerie de la garnison militaire au Centre de santé de Reference en passant par les CSCom de la ville, les cas de maladies dues à la forte chaleur augmentent. Selon les spécialistes que nous avons rapprochés, la plupart souffre de problème urinaire causé par la présence forte du calcaire dans l’eau de boisson de Nioro. La dilatation de cette roche à cause de la chaleur bouche les voies urinaires empêchant ainsi la sortie de l’urine. Partout c’est le désespoir (chacun maudit la forte chaleur et invite la pluie qui n’est généralement au rendez-vous qu’à partir du 14 juillet, date connue ici de tous pour le début des activités pluvieuses).
L’eau de la jarre se boit difficilement. Il faut même faire attention pour utiliser l’eau de la bouilloire posée à l’ombre. La nuit tombée les murs, les roches et le sable dégagent une chaleur insupportable obligeant tous à dormir dehors. Même là, certains utilisent des ventilateurs.
Beaucoup de vieilles personnes, éventails en mains, passent un bon moment de la nuit assis devant les concessions pour prendre de l’air.
À travers la ville on voit des petits groupes de personnes couchées à même le sol ou sur des nattes pour s’exposer en plein air.
Dans les quartiers riverains des rigoles qui partagent la ville en deux, les habitants passent un bon moment de la soirée couchés sur du sable.
En tout cas, il est temps de changer nos habitudes et nos comportements de tous les jours, de réduire nos actions sur les ressources naturelles et de nous donner à des pratiques enseignées par les responsables du Projet de Gestion des Ressources Naturelles et Changements Climatiques comme l’arboriculture, le maraichage, la création de barrages de retenue d’eau, le reboisement entre autres si nous espérons vivre longtemps et donner la chance à nos enfants à vivre heureux.
Moussa DIAKITE ( correspondant de kayesinfos à Nioro)

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